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Penser l'Univers

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Dernière mise à jour : il y a 21 heures

MORCEAU D’ARCHITECTURE DE LA RL NETJER




Je vous invite à un voyage. Nous sommes réunis ce soir dans un espace apparemment banal. Pourtant tout un rituel nous invite à nous inscrire hors du temps et hors du monde profane, au sein d’un espace rempli de symboles silencieux que l’on ne comprend pas toujours. Un espace ou les symboles murmurent plus qu’ils ne parlent.


Ce temple n’est pas un lieu. Ce pourrait être un seuil, un espace qui interroge.

Un interstice entre le visible et l’invisible, Entre le connu et l’inconnaissable.

Je vous propose un voyage, une réflexion avec les doutes et les intuitions avec le vertige de l’infini et de tous les possibles.


Avant de commencer cette planche, je vous invite à fermer les yeux un instant et Laissez le silence vous traverser. Imaginez… Ce temple, ….  Le plafond a disparu et s’ouvre sur une voûte étoilée, infinie, vertigineuse. Les murs s’effacent et ils ne restent que des colonnes dressées vers le ciel, à l’image des anciens temples grec et au centre……………. Notre pavé mosaïque au-dessus duquel un fil à plomb est tendu entre ciel et terre…. Autour, rien.

Rien que l’obscurité sidérale, peuplée de lumières anciennes, venues d’innombrables étoiles, témoins muets de notre ignorance. Le silence est absolu. Il règne, impassible, entre les deux colonnes. Vous levez les yeux vers la voûte étoilée. Vous tentez d’en saisir les limites… Vos yeux perçoivent, mais est-ce que vos âmes comprennent ?


Très vite vous prenez conscience que nul esprit rationnel ne peut définir les limites de cet univers dans lequel vous êtes inclus et que vous ne pouvez embrasser. En effet il est impossible de définir l’infini. Dé - finir veut bien dire « trouver une fin » et nous voyons bien que NUL langage ne peut définir ce qui n’a pas de fin et la réponse se noie dans un océan insondable que seul le Silence peut définir »


Devant cette immensité une intemporalité s’impose. Vous pouvez ouvrir les yeux…  Et comprendre que c’est un véritable gageur que de vouloir penser l’univers. On peut se sentir en extase ou aspiré par cette absence de matérialité, comme un sentiment d’élan vers quelque chose qui nous dépasse, qui n’a pas de forme, qui n’a pas de nom.


De tout temps et sous toutes les latitudes les hommes ont tenté et tentent toujours de « penser l’univers » ou plutôt de l’imaginer ou de le conceptualiser pour mieux le comprendre bien sûr, mais surtout pour en trouver le sens.


Toutes ces démarches participent d’une pulsion profonde, celle de vouloir comprendre la grande mécanique cosmique, celle de vouloir maitriser le temps pour apprivoiser le présent afin de mieux anticiper l’avenir.


Penser l’univers c’est aussi expérimenter et rechercher un sens à nos existences et nous inscrire dans une histoire avec un début et une fin.

Penser l’infini, c’est se tenir à la frontière entre la physique, la philosophie et la métaphysique — là où les équations croisent les grandes questions existentielles.


Depuis l’Antiquité, les humains ont cheminé à travers les âges avec cette interrogation lancinante : qu’est-ce que l’univers ? Est-il uniquement matière visible, mesurable, observable ?

Ou cache-t-il un versant invisible, impalpable, pourtant bien réel — un arrière-monde de conscience, d’énergie ou d’intention ?

Ce va-et-vient entre le visible et l’invisible a nourri les mythes, les philosophies, les sciences.

C’est ici que l’interrogation prend tout son sens. Car questionner, c’est déjà apprendre. C’est reconnaître qu’on ne sait pas tout, et que ce manque de savoir est un moteur puissant.

L’inconnu ne doit pas être craint, mais approché avec curiosité.

En ce sens, interroger l’univers, c’est aussi s’interroger soi-même. Et peut-être est-ce là le plus beau voyage : celui qui nous pousse, pas après pas, de l’obscurité vers un peu plus de lumière.


Pour les Grecs la pensée est matérialiste et philosophique l’une ne va pas sans l’autre. Ainsi, la cosmogonie grec et égyptienne peuple le ciel de Dieux et démons qui peuvent être assimilé à des énergies qui fécondent la terre cette dernière étant considérée comme une matrice originelle.


Plus tard le royaume des cieux, source de mythe, de religion et de dogme, devient un lieu de félicité qui endormira les consciences pour les plonger dans les abimes de l’ignorances et des certitudes.


Il faudra attendre le siècle des lumières pour retrouver le chemin de la raison, une raison cartésienne débarrassée de ses éléments métaphysiques, jugés incompatibles avec l'approche matérialiste dominante.


En effet la science moderne s’est focalisée sur le monisme matérialiste : tout est matière, y compris la pensée (réduite aux processus neuronaux).

La conscience a été traitée comme un phénomène secondaire qui émergent du cerveau, évacuant l’idée d’une substance pensante indépendante du corps.

En résumé, à travers les siècles, notre vision de l’univers a profondément évolué.

Chaque époque a produit une image du monde, une représentation de notre place dans le cosmos.


Dans l’Antiquité et au Moyen Âge, l’univers était géocentrique :

La Terre était au centre de tout. Immobile, entourée de sphères célestes parfaites. L’homme occupait la place centrale dans la création.

Puis, au XVIe siècle, avec Copernic, Galilée et Kepler, une révolution s’opère : Le Soleil devient le centre du système… L’homme n’est plus au centre du monde. C’est un choc, une déstabilisation, mais aussi une libération.

Au XVIIe siècle, Newton fait de l’univers une gigantesque machine, parfaitement réglée, prévisible, rationnelle. Tout semble pouvoir s’expliquer par des lois mathématiques.

Mais au XXe siècle, avec Einstein et Hubble, tout se complique :

L’espace et le temps deviennent relatifs, l’univers est en expansion permanente.

Et nous comprenons alors notre insignifiance face à l’immensité du cosmos.

L’idée du Big Bang naît progressivement dans la première moitié du XXe siècle, à l’intersection de la relativité générale, de l’astronomie observationnelle et de certaines spéculations philosophiques et métaphysiques sur l’origine de l’univers.

L’idée du big bang consiste à admettre que notre univers est né d’une explosion originelle.

Avant il n’y avait RIEN. Mais pour Raymond Devos « Rien c’est déjà quelque chose »

Cette idée de big bang décrit notre Univers comme issu d'une dilatation rapide qui fait penser à une explosion, et c’est également le nom associé à une époque dense et chaude qu’a connue l’Univers il y a 13,8 milliards d’années sans que cela préjuge de l’existence d’un « instant initial » ou d’un commencement.


Contrairement à une idée reçue, cette idée ne naît pas comme une certitude scientifique, mais comme une hypothèse mathématique audacieuse, d’abord mal reçue puis accepté

Puis vient la mécanique quantique, qui bouleverse tout ce que l’on croyait savoir. Le réel devient flou, probabiliste, étrange… Les certitudes tombent. La matière elle-même semble se dérober, ne plus obéir aux lois que nous pensions universelles.


Aujourd’hui, avec le Modèle Standard Cosmologique, nous parlons de matière noire, d’énergie sombre et de matière baryonique.

Mais au fond, nous ne comprenons plus grand-chose.

Aujourd’hui, ce modèle standard cosmologique ne résiste pas aux nouvelles observations du télescope spatial James Webb.

Au lieu de remettre en cause le modèle :

-          Les cosmologistes tentent d'ajuster les paramètres,

-         Ou essaie d'introduire de nouveaux concepts,

-         Ou bien on minimise les anomalies.


De plus, ce modèle ne permet pas d'expliquer certains phénomènes fondamentaux : le temps, la vie, la complexité, la synchronicité, la conscience.

De plus en plus de chercheurs s'interrogent. Et si l'univers n'était pas un accident, mais un organisme avec ses lois ?

Et s'il était infini, cyclique, autoorganisé ?

Et si le temps n'était pas une illusion, mais une dimension créatrice ?

Et si la conscience était fondamentale, présente dans la trame même du cosmos ?

Et s’il existait une intelligence non-humaine

Et s’il existait une conscience exogène ?


Des théories alternatives émergent : cosmologie cyclique, univers holographique, modèles informationnels, gravité quantique à boucles, etc.

Elles proposent des visions où l'univers est un TOUT cohérent, en interaction avec la conscience.


Ces idées ne sont pas nouvelles. Elles rejoignent les intuitions des anciennes philosophies orientales mystiques comme le soufisme, la kabbale, ou les traditions chamaniques.

Toutes ces écoles évoquent un univers vivant, relié, intelligent.

La crise actuelle de la cosmologie pourrait être une opportunité. Celle de dépasser le matérialisme, d'ouvrir la science à d'autres dimensions de la réalité. Celle d'une réconciliation entre raison et intuition, entre science et spiritualité.

Mais pour cela, il faut du courage. Celui de penser autrement. De questionner les fondements. D'accueillir l'inconnu.


L’homme n’est plus qu’un voyageur des étoiles, une micro-étincelle perdu dans un univers qu’il ne fait que pressentir, sans vraiment le saisir.

Face à cette ignorance des tentatives s’expriment :

Faut-il changer le paradigme matérialiste ?

Faut-il changer nos outils ?

Quelles sciences faut-il développer ?

Quelle rupture faut-il consommer ?

« Ce n’est pas en améliorant la bougie que l’on a inventé l’ampoule électrique »

Comme nous sommes des êtres carbonés doué de conscience en capacité de penser et de se penser, je vous propose donc de lancer une réflexion sur notre rapport au monde et à l’invisible.

 

Première question : Sommes-nous seuls dans l’univers ?

Cette singularité qu’est l’homme, serait-elle due à un accident ?

Dans la grande danse cosmique, si c’est un accident, alors il doit avoir d’autres accidents car à l’image du cosmos, dame nature est généreuse et dans le buisson des possibles elle ne manque pas d’imagination.

Si nous sommes capables de penser que nous pensons, si nous sommes capables d’être conscient de cette conscience insaisissable qui nous habite, lors pourquoi ne pas imaginer que nous sommes tous issus d’une même origine qui a produit de nombreux fruits.

Et si nous somme une expression de cette énergie primordiale, expression réduite certes, mais bien consciente, alors on peut imaginer l’univers comme un vaste champ de conscience et d’énergie ou de multiples mondes se fécondent et s’entrecroisent.

Cette pensée se retrouvent chez les Taoïstes vers le VIème siècle avant JC

Je cite : « Pour le taoïsme le vide n’est pas vide, le visible nait de l’invisible. Toute formes est contenu dans le vide »

« Dans la Tao, l’esprit devient si vaste qu’il embrasse le ciel et la terre en une même harmonie. Celui qui a mené ce chemin à son terme devient un immortel. »

 

Deuxième question : rapport entre lumière et matière ?

Le rapport entre lumière et matière en cosmologie est fondamental pour comprendre la structure, l'évolution et l’histoire de l’univers. Il peut être exploré sous plusieurs angles : physique, cosmologique, philosophique et même symbolique.

Lumière et matière sont les deux manifestations de l'énergie. (Tout le monde connait le célèbre E=mc2)

Ce qui veut dire que La lumière peut être produite par de la matière (ex : fusion nucléaire dans les étoiles).

La matière peut être créée à partir d’énergie pure (dans certaines conditions extrêmes comme au tout début de l’univers).

La lumière visible ne révèle qu’environ 5% du contenu de l’univers :

-         25% est de la matière noire : elle n’émet pas de lumière, mais interagit gravitationnellement.

-         -70% est de l’énergie noire, une force mystérieuse responsable de l’accélération de l’expansion de l’univers.

Ce rapport lumière matière se retrouve de manière symbolique et dans la tradition hébraïque avec « L’Arbre des Séphiroth ».  Aussi appelé Arbre de vie

Cet Arbre composé avec les 10 Séphiroths et les 22 chemins, en hébreu représente la structure de l'homme et de l'univers. Il symbolise à la fois les forces à l'œuvre dans le manifesté, les voiles placés entre l'homme et la connaissance pure, et les interactions entre ces forces.

Ces représentations tentent de donner une image de l’Energie qui se densifie pour devenir de la matière et de la vie. Et inversement le chemin de la matière qui essaie de se libérer de ses lois pour devenir de la lumière qui brille dans les ténèbres.

 

Troisième question : L’univers est-il reflet de l’inconscient ?

Difficile d’aborder la question de l’univers sans évoquer Carl Gustav Jung. Son œuvre, à la croisée de la psychologie et du sacré, explore les profondeurs de l’âme et révèle une correspondance intime entre l’homme et le cosmos.

Pour Jung, l’univers n’est pas seulement une immensité extérieure : il est le reflet de notre monde intérieur. L’inconscient collectif, peuplé d’archétypes universels, fait écho aux grandes images des mythes, des religions et des rêves. En scrutant le ciel, c’est donc l’âme humaine que nous contemplons.

Avec le physicien Wolfgang Pauli, Jung approfondit la notion de synchronicité : ces coïncidences significatives qui relient le psychique et le matériel, comme si un ordre caché, une trame symbolique, unissait les deux plans de la réalité.

En retrouvant le lien perdu entre l’esprit et la matière, Jung rouvre la voie d’une unité vivante, où la raison éclaire sans éteindre la lumière de l’esprit.

On attribue souvent à Carl Young cette citation qui résume bien sa pensée.

« La spiritualité n'est pas une maladie dont la rationalité est censée nous guérir, bien au contraire, c'est notre rationalité qui devient malade lorsqu'elle prétend nous guérir de notre spiritualité »

Notre compréhension de l’univers a évolué de manière spectaculaire au fil des siècles, portée par l’émergence de nouveaux champs d’investigation qui repoussent sans cesse les frontières du savoir.

Ces découvertes nous invitent à envisager l’univers non plus seulement comme un ensemble de phénomènes physiques, mais comme un espace où l’esprit et la matière se rencontrent.

La Franc-maçonnerie se veut hors du temps, au-delà des contingences matérielles.

Imaginez de nouveau un temple sans murs, dont seuls les piliers et colonnes s’inscrivent dans l’espace. À la place du plafond, une véritable voûte étoilée. Le pavé mosaïque, posé à même le sol, devient alors le seul plan tangible de cette scène suspendue entre ciel et terre.

Notre temple s’intègre au cosmos : la voûte étoilée, la lune, le soleil, le delta lumineux — autant d’éléments ouverts à l’interprétation.

C’est dans ce décor céleste que je vous invite à porter votre regard vers un objet suspendu, simple en apparence mais riche en sens.

Là, au cœur du temple, regardez ce cylindre de métal retenu par un fil qui jaillit de la voute étoilée- (Normalement il est beaucoup plus imposant et sa petite dimension dans ce temple traduit peut être une perte de sens ?)

Cette masse suspendue, reliée symboliquement à l’infini de la voûte céleste, reflète notre condition humaine et symbolise le lien ténu entre le monde visible et les mondes invisibles,

Elle peut représenter la descente de l’énergie dans la matière pour engendrer la vie, tout en soumettant cette même matière aux lois terrestres.

Cette masse évoque une loi fondamentale qui souligne la gravité de l’existence et suggère qu’il en existe d’autres, encore voilées à notre conscience.

Ce fil est un lien entre les mondes. Il nous rappelle le cordon qu’il faut couper pour naître, comme cette corde d’argent, chère à certaines traditions, qui se rompt à la fin de notre existence.


La matière libérée retourne alors à la terre, s’y dissout, et laisse place à une autre forme de réalité. Selon la vision des gnostiques, nous ne retournons pas à la poussière qui semble être une vision matérialiste de l’existence mais la lumière qui était emprisonné dans la matière retourne à son existence première.

Lors de l’initiation, dans certains rites le profane entre dans le temple une corde au cou, symbole du lien de sa condition humaine. Ce fil, comme cette corde, marque une descente irréversible, un engagement dont seule la mort peut nous délier.

Mais ce symbole peut évoquer aussi la chute originelle de la Genèse, tout comme la pomme de Newton, qui révéla à sa conscience une loi universelle.

Le fil à plomb est tendu entre le ciel et la terre, comme l’homme lui-même, tiraillé entre ses élans spirituels et ses désirs terrestres.


Ce fil ne nous donne pas l’origine, mais indique une direction. Il nous pousse à lever les yeux vers l’invisible, vers les hauteurs insondables, et à respecter les lois universelles.

Ainsi, si le fil à plomb représente une perpendiculaire dans le monde matériel, pour nous, francs-maçons spéculatifs, il devient symbole de droiture morale, rappel de nos devoirs envers l’humanité.


À l’image de la boussole qui guide le marin, il trace un cap spirituel et éthique, un axe invisible autour duquel se construit l’élévation de l’être.

Il incarne l’aspiration à la perfection, l’effort constant vers l’élévation, vers soi-même, vers plus haut, plus juste, plus vrai.

Et derrière cette apparente immobilité, se cachent des forces opposées, en tension permanente — comme en nous, ces courants intérieurs qui parfois s’affrontent, parfois s’équilibrent, toujours nous construisent.

Le temple maçonnique, à l'image de l'univers, est un lieu symbolique où chaque étape d'initiation nous invite à une quête intérieure.


À vouloir penser l’univers peut-être faudrait-il considérer que nous sommes une expression de cet univers et pourquoi :  ne serions-nous pas pensées par l’univers ?

Issue d’une lumière primordiale, nous sommes devenus poussières d’étoiles estampillées aux sceaux de leurs vibrations

Nous sommes peut-être à l’aube d’une nouvelle révolution qui nous invite à retrouver le sens.

À réconcilier science et conscience,

À marcher, debout, entre ciel et terre… … guidés par un fil invisible.

J’ai dit

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