Cuba : une nouvelle mesure de contrainte vise José Ramón Viñas

À Cuba, la pression exercée sur la Franc-maçonnerie indépendante franchit une nouvelle étape. José Ramón Viñas Alonso, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil du 33ᵉ degré, affirme avoir été interrogé par la Sécurité de l’État et placé sous mesure de contrainte. Il doit se présenter chaque mercredi aux autorités, ses déplacements sont limités et il lui est interdit de quitter le territoire cubain. Cette affaire s’inscrit dans un conflit ancien entre la direction maçonnique et le ministère de la Justice (MINJUS), portant notamment sur l’autonomie et la représentation de l’institution.
En 2025, les autorités auraient tenté d’imposer une direction intérimaire, tandis que des procédures pénales étaient engagées contre plusieurs responsables maçonniques. Le 7 août 2026, des Francs-maçons cubains se sont réunis à La Havane pour manifester leur soutien à leur dirigeant. Pour Viñas Alonso, le litige administratif ne devrait pas relever de la Sécurité de l’État et cette intervention s’expliquerait notamment par le poids historique de la Franc-maçonnerie cubaine. L’enjeu dépasse ainsi la personne d’un responsable : il concerne le droit d’une institution ancienne à choisir elle-même ses dirigeants et à préserver ses règles internes. La Franc-maçonnerie constitue en effet un espace de sociabilité fondé sur la liberté de conscience, la réflexion et la fraternité entre des hommes et des femmes d’horizons différents. C’est précisément cette capacité à réunir au-delà des appartenances sociales et idéologiques qui l’a historiquement opposée aux systèmes fondés sur l’affrontement des classes.

Dès 1922, l’Internationale communiste avait demandé à ses militants de rompre avec la Franc-maçonnerie, considérée comme un « pont » entre les classes sociales. Au-delà des rites et du secret, la divergence est donc aussi sociétale : la Loge offre un espace où l’individu peut confronter librement les idées et construire sa propre pensée. Dans un système où le Parti et son idéologie revendiquent une position dominante, une telle autonomie peut apparaître comme difficilement contrôlable. La situation cubaine rappelle ainsi que la liberté maçonnique ne se réduit pas à la pratique initiatique : elle suppose aussi la possibilité de s’organiser, de délibérer et de choisir ses représentants.
À l’approche de l’examen annoncé pour septembre, c’est finalement l’autonomie d’une institution historique de la société civile cubaine qui se trouve au cœur de cette épreuve.
Source : 450.fm




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